Le nucléaire français menacé par l’Europe[1]
Par Dominique Finon[2] et Michel Gay
La politique énergétique française fondée sur le nucléaire dans le secteur électrique obéit de manière exemplaire aux trois principaux objectifs de la politique communautaire : la sécurité d’approvisionnements, la compétitivité de la fourniture (avec les prix de l’électricité parmi les plus bas de l’Union européenne), et l’impératif climatique. Pourtant, la production d’électricité d’origine nucléaire d’une dizaine d’États-membres (dont la France) fait l’objet de l’hostilité rampante des institutions européennes, alors qu’elles sont complaisantes vis-à-vis des choix de l’Allemagne, notamment avec le maintien des centrales au charbon émettrices de gaz à effet de serre (CO2). Cette attitude en dit long sur l’influence du principal pays opposé au nucléaire (l’Allemagne) et sur la ligne suivie par les institutions européennes en ce domaine.